jeudi 21 juillet 2011
Azor, un patrimoine national parti pour l'au-delà
Pris d’un malaise dans la commune de Saut-d’Eau à Mirebalais, Azor est vite transporté à Port-au-Prince pour être soigné. Il a rendu l’âme peu après.
Tambourineur, chanteur et leader du groupe « Racine Mapou de Azor », il souffrait de diabète, d’insuffisance rénale et d’autres complications.
L’état de santé d’Azor inspirait depuis quelque temps des inquiétudes dans son entourage, avons-nous appris. Il devait faire une dialyse, mais a préféré se rendre à Saut-d’eau, pour la fête de Mont-Carmel.
Très jeune, il a fait ses débuts dans le vodou dans le quartier de Saint-Martin à « Kanal Ofelen », où il a joué du tambour dans les péristyles de la zone.
On le retrouve par la suite dans la troupe Bacoulou d’Odette Weiner avec laquelle il a effectué plusieurs voyages à l’étranger, particulièrement en Europe, pour représenter Haïti. Ensuite il a collaboré avec plusieurs groupes compas, tels que SS One, Shoupalou Combo et Scorpio. Il a participé à plusieurs enregistrements avant de faire partie du groupe « Racine Kanga de Wawa ». Il a joué aux côtés de grands musiciens tels que Eddy Prophète, Boulot Valcourt, James Germain et les frères Widmaier.
Séparé de Jacques Maurice Fortéré de « Racine Kanga » au cours des années 90, Azor a décidé de fonder son propre groupe musical : « Racine Mapou de Azor », qui a connu bien vite un grand succès, surtout dans les défilés carnavalesques où il draina des foules.
Le groupe a réussi le pari de conserver l'authenticité de la musique traditionnelle, tout en recourant aux moyens modernes de diffusion, qui permettent de l’inscrire sur la scène musicale professionnelle d’Haïti, et de rivaliser avec les musiques qui occupent d’ordinaire l’actualité.
En quelques années, Racine Mapou a enregistré plus de six albums, effectué plusieurs voyages à l’étranger, dont neuf au Japon, et a réalisé un film documentaire (Haïti, cœur battant de Carl Lafontant).
Paix à son âme !
jeudi 14 juillet 2011
Pour la cessation immédiate de toute reconduite à la frontière vers Haïti
Nos associations constatent que a France, après avoir mis des obstacles infranchissables à l’obtention de visas ou de titres de séjour, n’hésite pas à exposer des Haïtiens à des « traitements inhumains ou dégradants » en infraction à l’article 3 de la convention européenne des droits de l’homme en les expulsant vers un pays dévasté. Elles exigent la cessation immédiate de toute reconduite à la frontière vers Haïti à partir de territoires français, métropolitain et d’outre-mer.
Lettre ouverte adressée au ministre de l’intérieur
Nous apprenons que depuis le 1er juillet plusieurs ressortissants haïtiens ont été expulsés depuis le centre de rétention des Abymes en Guadeloupe vers Haïti (au moins huit entre le 1er et le 8 juillet), malgré une intervention de la Cimade auprès du préfet de Guadeloupe et de votre ministère.
Les signataires d'un premier communiqué de presse ci-joint s’alarmaient le 8 juillet de ces expulsions malgré le moratoire en vigueur sur les reconduites vers Haïti (http://www.migrantsoutremer.org/La-France-expulse-des-Haitiens).
En effet, le lendemain du séisme du 12 janvier 2010 qui a fait plus de 250 000 morts, 300 000 blessés et plus de 1,3 millions de sans-abris et que le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU a qualifié de « la catastrophe la pire que le peuple haïtien ait eu à vivre jusqu’ici », le gouvernement français annonçait la suspension immédiate de « toutes procédures de reconduite dans leur pays d’origine des ressortissants haïtiens en situation irrégulière sur le territoire national » [1].
La situation humanitaire en Haïti reste et demeure aujourd’hui très préoccupante : 680 000 personnes vivent toujours sous des tentes, réparties dans les 1000 camps de Port-au-Prince et d’autres zones affectées par le séisme. L’épidémie de choléra sévit toujours, ayant déjà fait plus de 5 600 victimes selon le rapport du 3 juillet du Ministère haïtien de la Santé Publique et de la Population. Le 5 juillet dernier, la directrice de la promotion de la santé de ce même ministère a encore informé d’une alerte-choléra pour les départements du Nord et du Sud. Enfin, plusieurs associations haïtiennes de défense des droits comme la Commission Justice et Paix rapportent une montée de l’insécurité dans les zones urbaines ces dernières semaines. Dans ce contexte, toute reconduite à la frontière expose les personnes à des conditions de vie extrêmement précaires, instables et pouvant porter atteintes à leur sécurité.
Cette situation est reconnue dans un communiqué, en date du 9 juin 2011, du Haut-Commissaire pour les Réfugiés de la Haut-Commissaire aux Droits de l’Homme qui exhortent « les gouvernements à renouveler, pour des raisons humanitaires, les autorisations de résidence et autres mécanismes qui ont permis aux Haïtiens de rester en dehors de leur pays. Cet appel inclut les Haïtiens évacués à la suite du tremblement de terre, ceux bloqués à l’extérieur au moment du séisme ainsi que les membres de leurs familles proches en respect du principe de la réunification familiale ».
Nos associations constatent que la France, après avoir mis des obstacles infranchissables à l’obtention de visas ou de titres de séjour, n’hésite pas à exposer des Haïtiens à des « traitements inhumains ou dégradants » en infraction à l’article 3 de la convention européenne des droits de l’homme en les expulsant vers un pays dévasté.
Elles exigent la cessation immédiate de toute reconduite à la frontière vers Haïti à partir de territoires français, métropolitain et d’outre-mer.
Veuillez agréer, monsieur le Ministre, l’expression de toute notre considération.
Signataires :
Collectif Haïti de France
Plateforme des Associations Franco-Haïtiennes
Centre Anacaona de Défense des Droits Humains et des Libertés des Haïtiens - Paris France
Collectif migrants outre-mer (MOM)
ADDE : avocats pour la défense des droits des étrangers/AIDES/ CCFD : Comité catholique contre la faim et pour le développement/ Cimade : service œcuménique d’entraide/ Collectif Haïti de France/ Comede : comité médical pour les exilés/ Gisti : groupe d’information et de soutien des immigrés/ Elena : les avocats pour le droit d’asile/ Ligue des droits de l’homme/ Médecins du monde/ Mrap : mouvement français contre le racisme et pour l’amitié entre les peuple/ Secours Catholique/ Caritas France
En Guadeloupe et en Guyane
LDH de Basse-Terre (Guadeloupe)
Fédération d'Associations Franco-Haïtiennes de Guadeloupe (Guadeloupe)
Coordination Tèt Kole (Guadeloupe)
Soutiens sans frontière (Guyane)
AIDE-Radio Mozaïque (Guyane)
vendredi 24 juin 2011
Une Semaine en HAÏTI
N°1015 - 23 juin 2011
- Premier revers politique pour la nouvelle présidence
- Initiatives pour convertir les fêtes patronales en opportunités économiques
- Diverses innovations, dont un fonds spécial, à l?occasion de la XVII e édition de ?Livres en folie?
- Un bibliobus au service des quartiers précaires et des écoles communales à Port-au-Prince
>> Premier revers politique pour la nouvelle présidence
Avec 49 voix contre, 19 pour et 3 abstentions, les nouveaux députés n?ont pas accepté, dans l?après-midi du 21 juin, le choix porté par Michel Joseph Martelly sur la personne de l?homme d?affaires et économiste Rouzier.
Depuis la promulgation de la constitution du 29 mars 1987, c?est la première fois qu?un président nouvellement élu ne parvient pas à dégager une majorité pour faire ratifier son premier ministre désigné.
Plus d?un mois après l?investiture du président du 20 mars 2011, Haïti est dirigée par un Exécutif liquidant ?les affaires courantes?, lequel ne dispose pas de légitimité suffisante pour prendre des engagements nationaux sur le long terme.
Malgré une apparence de ?fougue volontaire? pour de possibles changements dans la gestion des affaires publiques, Michel Martelly n?a pas voulu négocier avec les parlementaires les conditions objectives d?obtention d?une majorité suffisante à l?accréditation d?un nouveau premier ministre.
Avec ou sans poste, Daniel Rouzier continuera à servir Haïti, déclare le Président Martelly après le rejet de son choix, affirmant croire en l?intégrité de l?homme d?affaires débouté par les députés.
Pour sa part, Daniel Rouzier avance que la décision des députés se révèle plutôt ?politique? que ?technique?, les pièces fournies pour appuyer sa candidature au poste de futur chef de gouvernement ayant été ?conformes? et ?correctes?, conformément à la Constitution de 1987.
Toujours est-il que les raisons fondamentales, expliquant le rejet du choix fait par le Président, ne sont pas très claires.
En tout état de cause, il devra désigner une nouvelle personnalité appelée à remplacer le premier ministre sortant, Joseph Jean-Max Bellerive, de l?ancienne administration de René Préval. Il devra, alors, faire preuve de maturité politique pour conduire des tractations susceptibles de lui favoriser l?acquisition d?une majorité fonctionnelle au parlement, dominé par des élus acquis à la plate-forme politique ?Inite? (Unité) mise en place par l?ancien président Préval.
>> Initiatives pour convertir les fêtes patronales du Nord en sources d?opportunités économiques
En plus d?habits typiques, de profession de foi, les pèlerins cherchent très souvent à se ressourcer en profitant de divers attraits culturels et touristiques du terroir.
Transformer ces manifestations culturelles, dans la région Nord d?Haïti, en une source d?opportunités économiques; tel est l?objectif que se fixent, cette année 2011, différents organismes et associations.
Le Centre de promotion d?action citoyenne (CEPAC), la direction régionale Nord du ministère du tourisme, le ministère de la culture et de la communication (MCC) ainsi que d?autres partenaires locaux décident de standardiser les fêtes patronales dans certaines communes du Nord.
St Jacques Majeur en Plaine du Nord (24 juillet), Ste Anne à Limonade (26 juillet), Notre-Dame au Cap-Haïtien (15 août), sont, entre autres, les fêtes patronales retenues par le CEPAC et ses partenaires.
Chaque année, les communes possédant un rayonnement culturel important, reçoivent plusieurs milliers de pèlerins et visiteurs, qui viennent se ressourcer spirituellement, se divertir, visiter les lieux sacrés et assister aux prestations des orchestres. C?est le cas, par exemple, de la commune de la Plaine du Nord, de Limonade, du Trou du Nord.
Ces activités spirituelles et festives s?étendent généralement du mois de juin au mois de septembre.
Dans l?objectif de sensibiliser les collectivités territoriales sur l?importance d?une organisation ordonnée et efficace des fêtes patronales et de mobiliser les entrepreneurs locaux sur la nécessité d?investir ces grands marchés de consommation, les organisateurs entendent offrir un riche éventail d?événements culturels.
Des foires artisanales, gastronomiques, agricoles, des circuits de visites guidées figurent au programme. Des points de distribution d?eau chlorée, ainsi que des sanitaires portatifs, et des kiosques uniformisés seront disponibles.
Les fêtes patronales sont par ailleurs des occasions pour l?utilisation massive de produits divers tels que les boissons, bougies, tee-shirts, foulards, tissus de couleurs, savons, eau de Cologne, articles religieux et produits artisanaux (nattes, cordes, chaises en paille, récipients en calebasse, tambours).
Initiée en 1994 par le journal Le Nouvelliste et la Unibank (Institution bancaire haïtienne), la manifestation culturelle, qui attire des milliers de jeunes tous les ans, atteint ce 23 juin 2011 sa XVII e édition. Elle entend faire la promotion du livre haïtien tout en rendant hommage aux auteurs.
Pour l?édition 2011, 134 auteurs en signature et 9 maisons d?édition se sont donné rendez-vous pour l?exposition, qui propose 1 419 titres.
« Tout est fin prêt pour la tenue de Livres en Folie. Tout le monde est invité, sauf la pluie », a indiqué Frantz Duval, rédacteur en chef du quotidien Le Nouvelliste « Pour la première édition, nous avions 400 livres disponibles et 4 écrivains en signature » a t-il ajouté.
L?écrivaine haïtienne Edwidge Danticat (résidant aux Etats-Unis ), qui signera 5 titres différents, est l?invitée d?honneur de cette édition 2011. Elle succède à Dany Laférrière, qui signait en 2010 : « Tout bouge autour de moi », lequel représente un témoignage autour du séisme du 12 janvier 2010.
Dix-sept années après, les organisateurs se disent satisfaits et parlent de succès continu de ?Livres en Folie?, qui devint « le plus grand évènement littéraire et culturel d?Haïti », affirme Frantz Duval.
>> Un bibliobus au service des quartiers précaires et des écoles communales à Port-au-Prince
Ce geste vise à apporter la lecture aux portes des enfants et des citoyens de la ville, indique le maire principal de Port-au-Prince, Muscadin Jean Yves Jason.
Les élèves de 4 000 écoles communales ainsi que les enfants de quartiers précaires bénéficieront de l?initiative, ajoute-t-il, appelant à la démocratisation de la lecture dans le pays.
Port-au-Prince est en route vers une « école juste et démocratique », croit Muscadin Jason, qui, en même temps, plaide en faveur « d?une ville en santé par la lecture ».
Cette action rentre dans le cadre d?un projet de créer des bibliothèques, conçu par la municipalité avant le séisme, rappelle, de son côté, Fresnel Louis, directeur de communication à la mairie de Port-au-Prince.
Le bus aménagé en bibliothèque, arbore des dessins représentant des symboles d?Haïti, à l?image du Marché en fer (à l?ouest de la capitale) et du Nègre Marron (monument établi sur la place publique du Champ de Mars, à proximité du palais présidentiel). Les tours de la ville de la Rochelle y sont également représentées.
Les dessins sont l??uvre de Vladimir Pascal, artiste haïtien, et de deux français, dont Julien Frenzel.